Ces derniers jours (début mars 2026), des coupures massives et inhabituelles de l'Internet mobile ont touché Moscou (et dans une moindre mesure d'autres villes). Cela perturbe fortement la vie quotidienne des habitants: impossibilité d'utiliser les applications de transport, de banque, de messagerie, de commander des taxis, d'accéder aux réseaux sociaux étrangers, etc.
Certains résidents en sont réduits à utiliser des talkies-walkies, des pagers ou des cartes papier.
Officiellement, le Kremlin et le porte-parole Dmitri Peskov expliquent ces restrictions par des mesures de sécurité (contre des attaques de drones ukrainiennes ou pour protéger des infrastructures critiques) et affirment qu'elles dureront "aussi longtemps que nécessaire".
Cependant, de nombreux experts, médias indépendants, activistes des droits humains et sources anonymes au sein du ministère du Numérique estiment qu'il s'agit en réalité de tests grandeur nature d'un système de censure beaucoup plus large, basé sur une "liste blanche" (whitelist): seuls les sites et services approuvés par le gouvernement resteraient accessibles, tandis que le reste d'Internet (y compris la plupart des sites étrangers) serait bloqué.
Cela s'inscrit dans une escalade plus globale de la répression numérique en Russie ces derniers mois: ralentissement ou blocage progressif de Telegram, WhatsApp, YouTube, durcissement contre les VPN, promotion d'une messagerie d'État, etc.
Le fait que ces coupures, bien plus visibles et longues à Moscou que lors des précédents tests régionaux, montrent que les autorités russes accélèrent et perfectionnent leur capacité à déconnecter sélectivement la population du web mondial si elles le décident.
Ce n'est probablement pas seulement une mesure anti-drones, mais un entraînement concret pour un Internet contrôlé par l'État.



