vendredi 2 janvier 2026

2026: L'année du grand basculement?

 

Comme je l'ai amplement documenté, l'année 2025 a mis la table pour la transformation radicale de nos sociétés, où la technologie, la géopolitique et les divisions convergent vers le chaos.

D'abord, le basculement vers une technocratie numérique est inévitable. Les monnaies numériques centrales (CBDC) avancent à grands pas dans la majorité des pays et ce, dans l'objectif de tracer toutes nos transactions et à terme, pour mettre fin à l'argent physique. Ajouté à cela, l'identité bionumérique avec reconnaissance faciale s'impose dans les services publics, les paiements, les voyages et même  dans nos interactions quotidiennes: chaque geste humain est scanné, validé et enregistré. Le progrès et la sécurité au détriment de la liberté.

Sur le plan géopolitique, les tensions montent vers un point de rupture. Le conflit Russie-Ukraine, opposant Moscou à Kiev et à l'OTAN, risque une escalade rapide même s'ils nous parlent de paix. Derrière ces affrontements, ce qui se dessine est une transition vers un gouvernement mondial multipolaire, comme évoqué dans diverses forums internationaux et prédictions du Forum économique mondial pour 2030. Des figures influentes, comme Henry Kissinger, ont tracé les contours d'un ordre où les conflits servent de catalyseur pour passer d'une hégémonie unipolaire à une gouvernance multipolaire. La guerre devient le chemin vers une paix imposée.

Au Moyen-Orient, les dynamiques sont littéralement explosives. Les États-Unis sont de plus en plus alignés sur les intérêts d'Israël, avec des visites répétées de Netanyahu à Washington, la cinquième en moins d'un an récemment, où il a évoqué une guerre imminente contre l'Iran pour "apporter paix et sécurité". 

L'Iran, déstabilisée ces derniers jours (quel timing!) par des manifestations et désordres civils, risque d'affronter un nouveau cycle de confrontations contre Israël et les États-Unis. Il est toutefois probable que l'attaque sera cette fois-ci "la bonne", considérant le climat de désordre qui y règne et surtout, considérant qu'un président soutenu par les États-Unis et Israël est déjà prêt à prendre la relève du pays et à signer les "Accords de Cyrus"...

La propagande en faveur d'Israël atteint des sommets incroyables, toute critique légitime de l'État est aussitôt qualifiée d'antisémite. Cela transforme le débat public en terrain miné qui réduit au silence ceux qui craignent les représailles.

Parallèlement, les instruments du chaos sont à l'œuvre pour diviser la population. Des figures comme Candace Owens, Tucker Carlson ou Nick Fuentes, bien qu'elles dénoncent de réels scandales, servent à radicaliser les opinions, à tribaliser les camps et à semer la haine de l'autre. Ces voix polarisantes télécommandent l'opinion publique, préparant le terrain à des affrontements civils.  Le vrai pouvoir se nourrit de ces divisions.

Au Canada, les projets de loi s'enchaînent pour restreindre la liberté d'expression. Ils visent à criminaliser tous les discours déviants de l'idéologie dominante en "discours haineux", rendant bientôt illégal le fait de critiquer les institutions ou d'exprimer publiquement sa foi. 

En conclusion, ayons nos tuques bien attachées et soyons prêts à déployer nos capacités de résilience et d'endurance. La prochaine année s'annonce toute garnie! Restons lucides, unis en pensée, et préparés à traverser la tempête.

Que Dieu nous garde fidèles et courageux par sa grâce.

Isabelle

jeudi 1 janvier 2026

La vision du messianisme juif et la vision du sionisme chrétien

 


L’ère messianique 

Selon le judaïsme traditionnel, l'ère messianique représente le temps de la rédemption finale, où le Machia’h (Messie), descendant du roi David, instaurera un monde de paix universelle, de connaissance divine et de restauration spirituelle et politique d’Israël. Cette vision s’appuie sur la tradition rabbinique. Le judaïsme ne reconnait pas Jésus-Christ comme étant le Messie annoncé. Paix et sécurité mondialeL’ère messianique apporte une paix profonde et durable, sans guerres ni conflits. Les nations vivront en harmonie, et l’humanité se consacrera à la connaissance de Dieu plutôt qu’à la violence ou à la convoitise matérielle.
Restauration d’Israël et millénium terrestre
Toujours selon le judaïsme, l'ère messianique commence par le rassemblement des exilés, la restauration de la souveraineté juive en Israël, et culmine dans une révélation divine universelle. Il ne s'agit pas du "millénium" attendu par les chrétiens, mais une ère terrestre de paix devant précéder le "monde à venir", le "nouvel âge d'or", la révélation du Mashiah.Reconnaissance universelle et rôle spirituel du peuple juifSelon cette vision du judaïsme, toutes les nations reconnaîtront l’unicité de Dieu et la Torah révélée au peuple juif. Israël, restauré dans sa souveraineté, occupera un rôle central de guide spirituel: les nations viendront à Jérusalem pour apprendre la Torah et se prosterner devant Dieu, sans se convertir nécessairement au judaïsme, mais en reconnaissant la primauté spirituelle d’Israël.Reconstruction du Troisième TempleLe Machia’h reconstruira le Troisième Temple à Jérusalem et il incarnera la capitale spirituelle de toute l’humanité. Le Mashia'h y siègera en tant que roi universel de toute la Terre.Reprise des sacrificesLes sacrifices reprendront dans le Troisième Temple. Ils ne visent pas à expier par le sang (la prière et la repentir suffisent dans l'ère messianique), mais à élever spirituellement et à rapprocher l’humanité de Dieu.Lois noachides pour les non-JuifsLes non-Juifs observeront les sept lois noachides (interdiction de l’idolâtrie, du meurtre, du vol, de l’immoralité sexuelle, du blasphème, de manger un membre d’animal vivant, et obligation d’établir des tribunaux de justice). Ces lois universelles assureront un code moral pour l'humanité et accorderont une place aux non-juifs dans le royaume à venir.
Le sionisme chrétien 

Le sionisme chrétien, porté principalement par les évangéliques dispensationalistes (une théologie issue de Darby et Scofield), entretient un lien fort avec la vision juive traditionnelle de l’ère messianique centrée sur la restauration d’Israël.

Les sionistes chrétiens voient le retour des Juifs en Terre d’Israël et la création de l’État moderne (1948) comme un accomplissement partiel des prophéties bibliques. Ils soutiennent activement Israël politiquement et financièrement, considérant cela comme une étape vers les "temps de la fin". Certains groupes financent même des projets liés au Temple, comme l'élevage de génisses rousses nécessaires à la purification rituelle selon le judaïsme.

Vision juive et vision du sionisme chrétien
Dans la vision juive orthodoxe, le Troisième Temple est reconstruit par le Machia’h, marque l’ère de paix universelle, la reprise des sacrifices pour élever spirituellement l’humanité, et devient une "maison de prière pour toutes les nations", avec les non-Juifs observant les lois noachides.
Pour les sionistes chrétiens dispensationalistes :
  • Le Temple est reconstruit pendant une période de tribulation de 7 ans.
  • L’Antichrist y installe l’"abomination de la désolation" (Daniel 9:27; Matthieu 24:15; 2 Thessaloniciens 2:3-4).
  • Cela précède le retour de Jésus (Seconde Venue), qui défait l’Antichrist et instaure son règne millénaire.
Les chrétiens sionistes dispensationalistes soutiennent le projet du messianisme juif pensant accélérer les prophéties de la fin des temps, même si cela implique des événements catastrophiques (guerre, apostasie).
Une alliance pratique, mais théologiquement incompatible
Certains activistes juifs du Troisième Temple et le sionisme courtisent intensément les groupes chrétiens évangéliques (financements, lobbying) pour avancer la souveraineté israélienne sur le Mont du Temple et pour soutenir l'État d'Israël. Des chrétiens deviennent même "Noachides" (observant les 7 lois noachides). D'autres encore observent le shabbat et célèbrent les Fêtes juives pour se rapprocher d'Israël.
Plus de 1000 pasteurs évangéliques, un premier contingent selon le ministère israélien des Affaires étrangères, ont été formés en Israël au cours des dernières semaines pour diffuser la hasbara (propagande sioniste) auprès de leurs fidèles.
https://youtu.be/HORt49mHH0U?si=KVb6CYqdJgN6wvUE

Une alliance dangereuse
La convergence entre le messianisme juif, le sionisme (visant à rétablir les frontières bibliques du "Grand Israël", comme l'a souvent évoqué Benjamin Netanyahu) et le sionisme chrétien est vue par de nombreux théologiens et leaders chrétiens comme une alliance dangereuse.
Cette critique s'ancre dans les préceptes de la foi chrétienne centrée sur Jésus Christ, qui met l'accent sur l'accomplissement des promesses bibliques via la Nouvelle Alliance plutôt que sur des interprétations littéralistes de l'Ancien Testament favorisant un nationalisme politique. 

Distorsion théologique de la foi chrétienne 

Selon le Nouveau Testament, les promesses de l'Ancien Testament (comme la Terre promise en Genèse 15:18, du Nil à l'Euphrate) sont accomplies spirituellement en Jésus, qui inaugure une Nouvelle Alliance (Hébreux 8:10 ; Galates 3:28-29). 

Le sionisme chrétien, souvent ancré dans le dispensationalisme, voit ces promesses comme littérales et inachevées, exigeant la restauration d'Israël pour précipiter le retour de Jésus. Selon des théologiens de différents courants du christianisme, cela déforme les enseignements de l'Église et crée une distorsion dangereuse de la foi authentique, reconnaissant un Israël national au détriment d'un Israël spirituel: union des juifs et des païens convertis à Jésus-Christ par la Nouvelle Alliance, tous issus de la semence d'Abraham (Galates 3:29, Galates 3:7, Romains 4:16, Galates 3:16).
« Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié [...] afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Dieu par la croix. »
Éphésiens 2:14-16.


En conclusion

Cette alliance avec le messianisme juif (qui attend un Messie terrestre reconstruisant le Temple sans reconnaître Jésus) et le sionisme politique (visant un "Grand Israël" expansionniste) compromet l'intégrité de la foi chrétienne en utilisant le christianisme comme soutien inconditionnel à Israël, sans la reconnaissance de Jésus comme Messie.

Cette alliance est dangereuse car elle détourne les chrétiens de la centralité du Christ, compromet les valeurs évangéliques tout en déformant l'essence de la foi.

Isabelle


Références concernant l'ère messianique selon le judaïsme:

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