COPENHAGUE, 9 oct. (Reuters) - Dans le rayon literie du plus grand magasin IKEA du Danemark, le responsable de la sécurité, Torben Mortensen, passe devant des rangées de lits d'exposition et décrit une utilisation de ceux-ci bien éloignée du commerce de détail : abri d'urgence.
En cas de panne de courant, d'inondation ou d'attaque contre des infrastructures essentielles, IKEA pourrait transformer ses magasins en abris d'urgence, voire en hôpitaux temporaires. Des restaurants pourraient fournir des repas, des générateurs assureraient l'alimentation électrique des bâtiments et des lits supplémentaires pourraient être installés à partir de meubles en kit provenant des entrepôts.
Cette idée reflète une évolution plus large dans la façon dont l'Europe conçoit la sécurité, les gouvernements se tournant de plus en plus, au-delà des forces armées et des services d'urgence, vers les entreprises capables de contribuer au fonctionnement des sociétés en temps de crise.
Une vague d'actes de sabotage présumés, de cyberattaques et d'autres incidents que les responsables européens ont liés à la guerre hybride russe a rendu ces efforts encore plus urgents. Les services de renseignement danois ont averti que la Russie intensifierait probablement ces activités contre les pays de l'OTAN et d'autres États occidentaux dans les mois à venir, une accusation que Moscou réfute.
« Nous voulons être un bon voisin. Nous voulons être l'entreprise capable de soutenir la société en cas de crise », a déclaré Mortensen.
L’Union européenne encourage les États membres à collaborer plus étroitement avec les entreprises dans le cadre de sa stratégie d’Union de la préparation, lancée en mars 2025.
IKEA fait partie de la Coalition des entreprises danoises pour la préparation aux crises, un réseau qui recense ce que les entreprises privées peuvent fournir en cas d'urgence, des lits et des denrées alimentaires aux camions et au personnel spécialisé.


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