Des groupes comme l'Institut du Temple préparent activement des pierres sculptées, des instruments rituels, des vases sacrés, des vêtements sacerdotaux et même des vaches rousses pour les purifications rituelles, dans l'espoir de rétablir les pratiques de la loi mosaïque, y compris la reprise des sacrifices. Ces rites bibliques ont été interrompus lors de la destruction du Second Temple en 70 de notre ère.
Parallèlement, le sionisme religieux aspire à transformer l'État d'Israël en une société imprégnée des valeurs religieuses et à rétablir la "Terre promise" (Eretz Israël Hashlema) selon les proportions bibliques décrites dans l'Ancien Testament. Il s'agit de transformer Israël en "royaume d'Israël", une société régie par la Torah où les nations reconnaîtront la primauté juive.
Sur le plan géopolitique, ce mélange de messianisme et d'expansionnisme renforce la posture d'Israël comme puissance régionale dominante. Benjamin Netanyahu a évoqué à plusieurs reprises aux Nations Unies le "nouveau Moyen-Orient", soit le "scénario de la bénédiction", qui consiste en une reconfiguration régionale fondée sur les "Accords d'Abraham". Ces accords sous-tendent ce qui est appelé la "paix, sécurité et prospérité", un processus auquel participe activement Donald Trump.
Cette opposition "bénédiction vs malédiction" s'inspire directement du Deutéronome (chapitre 28 ou 30:19), où Moïse présente au peuple d'Israël le choix entre la bénédiction (obéissance à Dieu et prospérité) et la malédiction (désobéissance et souffrance). Netanyahu adapte ce concept biblique à sa vision géopolitique: l'Iran (et ses proxies), dirigé par un régime de mollahs, représente la "malédiction". Pour atteindre une paix durable, l'Iran doit être "maîtrisé".
L'intégration de l'Arabie Saoudite aux "Accords d'Abraham" et la mise en place d'un nouveau gouvernement en Iran, favorable à la paix régionale (évoqué parfois comme les "Accords de Cyrus"), sont les principales pièces manquantes pour parvenir à une réconciliation judéo-musulmane.






