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vendredi 29 mars 2013

Le survol du territoire sud-coréen par deux bombardiers américains est considéré par Pyongyang comme une menace de « guerre nucléaire ». Kim Jong-un ordonne des préparatifs pour des frappes de missiles vers les États-Unis


Une mise en scène nocturne dans la salle de commandement des opérations militaires. Avec, en fond d'écran, les plans de frappe des forces stratégiques nord-coréennes contre les États-Unis. Des dizaines de milliers de civils et de militaires appelés à défiler contre les «impérialistes américains». Et un Kim Jong-un en colère qui met en alerte les fusées de l'Armée populaire et menace de «frapper sans pitié» le continent nord-américain ainsi que les bases américaines en Corée du Sud et dans le Pacifique, y compris Hawaï et Guam. Dans le théâtre de guignol nord-coréen qui multiplie les représentations depuis le début de l'année, les acteurs ont franchi une étape supplémentaire vendredi.

Les gesticulations militaires de Pyongyang répondent au survol du territoire sud-coréen par deux bombardiers furtifs B2 américains, considéré par Kim Jong-un comme un «ultimatum» et une menace de «guerre nucléaire». Le téléphone rouge militaire entre les deux Corées a été coupé, faisant ainsi disparaître le dernier lien direct entre le Nord et le Sud. La tension est entretenue par Moscou, qui a mis en garde contre des «actions unilatérales» du Nord qui risqueraient de «faire perdre le contrôle de la situation».

Malgré cette escalade verbale, aucun expert ne prend au sérieux le risque d'une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne. Le régime de Pyongyang n'ayant pas encore réussi à tester des missiles balistiques intercontinentaux, il n'est pas en mesure de frapper les États-Unis. Les bruits de bottes nord-coréennes viseraient davantage à forcer Washington à revenir à la table des négociations et à exercer des pressions sur le Sud pour obtenir un assouplissement de sa politique.

Pacte militaire

La tension est montée à Pyongyang juste après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de nouvelles sanctions pour protester contre un troisième test nucléaire nord-coréen. La rhétorique belliqueuse du dernier régime stalinien de la planète vise aussi sans doute à resserrer l'unité nationale autour du jeune Kim Jong-un, porté au pouvoir en décembre 2011.

La Corée du Nord a toujours testé l'arrivée d'un nouveau leader au Sud - Park Geun-hye vient de s'installer à Séoul - en menaçant de faire voler en éclats la fragile paix entre le Nord et le Sud. Elle a toujours salué par une brusque montée de tension les manœuvres conjointes qui se déroulent chaque année entre les États-Unis et la Corée du Sud. Celles qui ont eu lieu cette année étaient particulièrement importantes, puisqu'elles ont accompagné la signature d'un nouveau pacte militaire entre les deux pays. En promettant une réponse conjointe à toute provocation du Nord, même mineure, comme une incursion «limitée», Séoul et Washington ont renforcé leur alliance.

Rien de nouveau, donc. Dans la région, personne n'a envie d'une nouvelle guerre de Corée. Surtout pas le Nord, qui sait bien qu'attaquer les États-Unis équivaudrait à un suicide. Reste qu'il est impossible d'exclure un incident. En donnant l'impression qu'il précipite son pays au bord du conflit, Kim Jong-un attire l'attention sur la fragilité de l'armistice entre le Nord et le Sud. La péninsule n'est pas à l'abri d'une altercation navale dans les eaux disputées de la mer Jaune, comme ce fut le cas à trois reprises depuis 1999. Si la Corée du Nord n'a pas encore d'engins balistiques, elle a testé avec succès des missiles Scud à courte portée, pouvant atteindre le Sud et le Japon. Des menaces qui s'inscrivent parfaitement dans le recentrage stratégique américain en Asie et dans le Pacifique.

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