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samedi 25 mars 2017

Le Hamas accuse Israël d'avoir assassiné l'un de ses chefs militaires à Gaza

Mazen Foqaha a été tué vendredi soir de plusieurs balles dans la tête au pied de son immeuble. Il avait été libéré des prisons israéliennes en 2011.

Les médias affiliés au Hamas ont aussitôt interrompu leurs programmes pour couvrir l'évènement. Vendredi en début de soirée, un Palestinien de 35 ans présenté comme un haut responsable de la branche armée du mouvement islamiste a été tué d'au moins quatre balles dans la tête et dans la poitrine au pied de son immeuble, dans le quartier de Tel el-Hawa, au sud de la ville de Gaza. A en croire Izzat al-Rishq, un membre du bureau politique du Hamas cité par l'agence Maan, l'arme du crime avait été équipée d'un silencieux.

Les brigades Ezzedine el-Qassam, dans un communiqué publié quelques heures plus tard, ont accusé Israël d'être à l'origine de cet assassinat, et prévenu: «Quiconque joue avec le feu finira par s'y brûler, et l'ennemi paiera le prix de l'assassinat de notre martyr». Les autorités israéliennes, qui s'astreignent généralement au silence médiatiques durant la célébration du Shabbat, n'avaient pas commenté ces accusations samedi en fin de matinée.

Mazen Foqaha, originaire de Tubas (Cisjordanie), avait été libéré en 2011 des prisons israéliennes en même temps qu'un millier d'autres détenus, en contrepartie de la libération par le Hamas du soldat franco-israélien Gilad Shalit. Accusé d'avoir commandité de nombreux attentats suicides durant la seconde intifada, il s'était depuis lors établi dans la bande de Gaza où, selon les médias israéliens, il continuait de commander à distance certaines activités de la branche armée du mouvement en Cisjordanie.

Ismaïl Hanniyeh, qui dirige depuis 2005 le bureau politique du Hamas à Gaza et doit prochainement céder son siège pour prendre la tête du parti, s'est rendu vendredi soir à la morgue pour rendre hommage au défunt. Ses obsèques ont été célébrées samedi matin dans la principale mosquée de la ville, en présence de hauts responsables du mouvement et sous la garde de combattants en armes des brigades Ezzedine el-Qassam.

Enquête et soupçons

L'assassinat par balle d'un chef militaire du Hamas sur ordre d'Israël, s'il devait être confirmé, est présenté par les commentateurs palestiniens comme sans précédent. De nombreux dirigeants islamistes ont certes été «liquidés» par des tirs de roquette ou de missiles israéliens. Le plus célèbre d'entre eux fut sans doute le Sheikh Ahmed Yassine, fondateur et chef du mouvement, tué le 22 mars 2004 par un missile tiré depuis un hélicoptère de combat. Abdel Aziz al-Rantissi ne lui succéda à la tête du mouvement que pour être à son tour tué par une roquette venue du ciel, moins d'un mois plus tard. Le 14 novembre 2012, enfin, l'assassinat ciblé d'Ahmed al-Jabari par une frappe aérienne déclencha une guerre d'une semaine lors de laquelle 6 Israéliens et 160 Palestiniens furent tués. Mais les Palestiniens n'ont pas souvenir que les services secrets israéliens se soient aventurés à envoyer des tueurs dans les rues de Gaza depuis que le Hamas a pris le contrôle du territoire en 2007.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Iyad el-Bozoum, a annoncé vendredi soir l'ouverture d'une enquête sur la mort de Mazen Foqaha. Des barrages de police ont aussitôt été érigés à travers la ville dans l'espoir de retrouver le(s) tireur(s). Les soupçons qui pèsent sur l'Etat hébreu, s'ils ne sont pas rapidement dissipés, menacent d'entraîner un regain de tension avec le Hamas. Salah el-Bardawil, membre du bureau politique du Hamas récemment élu, affirmait pourtant il y a quelques jours que la priorité du mouvement était de «préserver le calme» qui règne à la frontière entre Israël et Gaza depuis la guerre de l'été 2014, ainsi que de «négocier, dans la mesure du possible, une trêve de longue durée avec l'occupation».

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