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jeudi 8 mars 2018

Le Congrès de Floride a approuvé mercredi une loi qui restreint l'accès aux armes à feu tout en ouvrant la voie à la possibilité d'armer certains enseignants et autres membres du personnel scolaire, en réponse à la tuerie récente dans une école à Parkland

Certains des survivants et des parents de victimes de Parkland étaient justement à Washington ce même jour pour exhorter les élus du Congrès américain à enfin durcir les lois sur les armes, alors que le débat enfiévré provoqué par cette fusillade se heurte aux profondes divisions bloquant depuis des années toute avancée sur la question.

Après une courte victoire au Sénat de la Floride lundi, la «loi de sécurité publique Marjory Stoneman Douglas» - du nom de l'école secondaire attaquée le 14 février - a été approuvée par 67 voix contre 50 à la Chambre des représentants de cet État du sud-est américain.

Pour entrer en vigueur, la mesure doit désormais être ratifiée par le gouverneur de Floride, Rick Scott, mais le républicain n'a pas encore déclaré s'il s'opposerait à son parti et y mettrait son veto.

Rick Scott s'est en effet publiquement opposé à la proposition du président Donald Trump d'armer les enseignants en réponse aux fusillades qui endeuillent régulièrement les écoles américaines.

La loi 7026 repousse de 18 à 21 ans l'âge minimum pour acheter tout type d'arme, une mesure contre laquelle s'était élevé le puissant lobby américain des armes à feu, la NRA. Elle interdit également les «bump stocks» - ces dispositifs permettant à un fusil semi-automatique de tirer en rafales quasi-automatiques - et veut en outre renforcer le financement des soins psychologiques.

«Pilule amère» 

Bien qu'elle adopte ces restrictions susceptibles de hérisser la NRA, la nouvelle loi inclut par ailleurs un nouveau «programme de gardiens» destiné à permettre d'«empêcher ou d'abattre un tireur en action dans un bâtiment scolaire». Après avoir été formé sur l'usage des armes et avoir subi des examens psychologiques, cette loi permettra donc à certains enseignants et à des membres du personnel scolaire d'être armés en Floride.

Le programme est réservé aux professeurs d'éducation physique et au personnel administratif, ainsi qu'aux seuls enseignants ayant une expérience dans l'armée ou les forces de l'ordre.

«Je comprends l'inquiétude que suscite ce programme de gardiens», a reconnu l'élu républicain Chris Latvala, en défendant son vote en faveur de la loi à la Chambre. Mais «si quelqu'un travaillant dans un établissement scolaire veut être formé pour aider à protéger les élèves, il devrait pouvoir le faire».

Des élus démocrates ont eux fait entendre leur désaccord avec cette partie de la loi, qu'ils ont toutefois jugée inévitable afin de faire adopter une réglementation plus stricte sur les ventes d'armes à feu.

«Je prends et j'avale cette pilule amère. Même si je ne préférerais pas, je ne peux pas me regarder dans un miroir et partir d'ici en me disant «je n'ai rien fait pour aider»», a ainsi déclaré le démocrate Joseph Geller.

«Cette loi apportait de bonnes choses mais vous l'avez détruite», a pour sa part regretté un autre élu du même parti, John Cortes.

«Combien d'enfants massacrés?» 

Ce sont les élèves de Parkland, où 17 personnes ont été tuées et une quinzaine blessées, qui ont poussé, par leur mobilisation d'une vigueur rare et poignante dans les jours ayant suivi le massacre, les élus à débattre de mesures concrètes pour faire face à la violence par armes à feu.

«Combien d'enfants vont devoir encore être massacrés?», a lancé à Washington l'un d'eux, David Hogg, à un groupe d'élus démocrates qui recevaient mercredi au Capitole des parents de victimes et des survivants de fusillades, ainsi que des enseignants et policiers. Aucun élu républicain n'était présent.

«On est arrivés à ce point où on dit qu'on va faire des choses... et rien ne se passe», a déploré David Hogg, âgé de 17 ans. «Il est temps d'agir.»

Pour Francine Wheeler, qui a perdu son petit garçon, Ben, lors de la fusillade à l'école de Sandy Hook, en 2012, la succession de drames s'abattant sur des familles américaines devrait enfin pousser les élus à agir.

«Mon argument repose sous Terre, à quelques kilomètres de ma porte d'entrée, dans le cimetière de la ville. Il aura six ans pour toujours», a-t-elle témoigné. «Je ne suis qu'une mère, dans une communauté endeuillée de plus en plus vaste.»

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