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dimanche 18 septembre 2016

Bavure de la coalition en Syrie : la tension monte entre Washington, Moscou et Damas

* Les Etats-Unis reconnaissent avoir bombardé par erreur l’armée syrienne [par erreur?]
http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/09/17/la-coalition-internationale-reconnait-avoir-frappe-par-erreur-une-position-de-l-armee-syrienne_4999461_1618247.html#Wl6IL0UCKKzFyTSa.99

La trêve était fragile. Elle l'est encore plus depuis que la coalition internationale antijihadistes menée par les Etats-Unis a admis samedi ce qu'elle refuse d'appeler une bavure. Un bombardement qui devait viser une position du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, a tué par erreur au moins 60 soldats syriens. 

"Des avions de la coalition américaine ont frappé l'une des positions de l'armée syrienne (...) près de l'aéroport de Deir Ezzor" vers 17 heures locales, a affirmé l'armée syrienne. Au moins 80 soldats syriens sont morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation disposant d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, Moscou évoquant 62 tués et une centaine de blessés.

Selon l'OSDH, une vingtaine de jihadistes de l'EI ont péri et des dizaines d'autres ont été blessés par des frappes russes dans la même zone.

La trêve était fragile. Elle l'est encore plus depuis que la coalition internationale antijihadistes menée par les Etats-Unis a admis samedi ce qu'elle refuse d'appeler une bavure. Un bombardement qui devait viser une position du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, a tué par erreur au moins 60 soldats syriens. 

"Des avions de la coalition américaine ont frappé l'une des positions de l'armée syrienne (...) près de l'aéroport de Deir Ezzor" vers 17 heures locales, a affirmé l'armée syrienne. Au moins 80 soldats syriens sont morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation disposant d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, Moscou évoquant 62 tués et une centaine de blessés.

Selon l'OSDH, une vingtaine de jihadistes de l'EI ont péri et des dizaines d'autres ont été blessés par des frappes russes dans la même zone.

Plus tard dans la soirée, la coalition a reconnu qu'elle avait bombardé ce qu'elle pensait être une position de l'EI avant de mettre fin à l'opération dès que Moscou l'a prévenue qu'il s'agissait peut-être de militaires syriens. Le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom) a publié un communiqué de regrets précisant qu'une enquête était en cours pour connaître les circonstances exacts de ce raid : "Les forces de la coalition pensaient qu'elles frappaient une position de combat de l'EI qu'elles suivaient depuis un certain temps avant le bombardement [...] La coalition ne ciblerait jamais intentionnellement une unité militaire syrienne." 

Colère de Moscou

Ce bombardement meurtrier, intervenu au cinquième jour d'une fragile trêve issue d'un accord entre les Etats-Unis et la Russie, a provoqué la colère de la Russie qui a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité tard dans la soirée. 

"Nous exigeons de Washington des explications complètes et détaillées, et elles doivent être données devant le Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré à Moscou la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Damas a exigé de son côté que "le Conseil de sécurité condamne l'agression américaine et force les Etats-Unis à ne pas recommencer et à respecter la souveraineté de la Syrie", par la voix de son ministère des Affaires étrangères.

Moscou a accusé l'"opposition modérée"syrienne, soutenue par les Etats-Unis, d'avoir "fait échouer" ce cessez-le-feu. Le ministère russe de la Défense a également informé les Etats-Unis d'un "important groupement des militants armés dans le nord de la province de Hama (centre) et de leurs éventuelles tentatives de lancer une offensive". Moscou "a demandé à ses collègues américains de faire pression sur les dirigeants de l'opposition afin de les empêcher d'agir de manière imprudente", souligne le ministère.

Washington critique Moscou

L'ambassadrice américaine Samatha Power, si elle a réitéré les regrets de Washington, elle a accusé la Russie de vouloir "monter un coup" en convoquant le Conseil de sécurité, parlant de "moralisme", de "mise en scène" et de "cynisme".

Elle a fait valoir "que le régime syrien frappait volontairement des cibles civiles avec une régularité effrayante" et que la Russie ne faisait rien pour l'en empêcher. Le régime de Bachar al-Assad "utilise souvent des armes chimiques (..) et a torturé des milliers de prisonniers", a-t-elle ajouté.

"Et pourtant, a-t-elle ajouté, faca à tant d'atrocités jamais la Russie n'a exprimé sa consternation ni demandé une réunion d'urgence du Conseil".

"La réunion de ce soir est une diversion par rapport à ce qui se passe sur le terrain en Syrie", a-t-elle encore estimé.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine est sorti de la salle pour répliquer vivement à Samantha Power devant les journalistes.

Il a accusé Washington d'avoir violé un engagement de ne pas viser les positions syriennes. Cet incident est "un mauvais présage" pour le maintien de l'accord américano-russe en Syrie, a-t-il estimé, tout en se refusant cependant à déclarer cet accord caduc.

Trêve fragilisée

Cette trêve avait déjà été mise à mal vendredi avec de violents combats et des civils tués dans des bombardements alors que l'aide humanitaire qui devait être livrée à des villes assiégées n'a pu être acheminée, Moscou et Washington se rejetant mutuellement la responsabilité des accrocs à ce cessez-le-feu. 

Source:
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/guerre-en-syrie/20160918.OBS8242/bavure-de-la-coalition-en-syrie-la-tension-monte-entre-washington-moscou-et-damas.html

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